Champignon orange sur bois mort : comment l’identifier et savoir quoi faire au jardin
Une souche oubliée au fond du jardin, une branche tombée après un coup de vent… et soudain, une touche de couleur vive : un champignon orange sur du bois mort. Spectaculaire, parfois gélatineux, parfois en “étagères” bien dessinées, il intrigue autant qu’il questionne : est-ce normal ? dangereux ? comestible ? faut-il l’enlever ?
Dans la plupart des cas, ces champignons sont surtout le signe d’un phénomène naturel : la décomposition du bois. Dans cet article, je vous aide à comprendre pourquoi ils apparaissent, à mieux les identifier et à savoir quand intervenir (et quand les laisser faire leur travail).
Pourquoi il y a des champignons orange sur du bois mort ?
Voir un champignon orange sur du bois mort n’est pas un “mauvais signe” en soi. Bien au contraire : cela indique souvent que le bois est en train d’être recyclé. Les champignons lignicoles (qui poussent sur le bois) participent au grand nettoyage naturel : ils décomposent la matière organique et la transforment en nutriments utiles au sol.
Leur teinte orange surprend, mais elle n’est pas rare dans le monde fongique. Sur une souche ou une branche en décomposition, on peut observer des formes très différentes :
- gélatineuses (comme une gelée brillante),
- charnues et épaisses,
- coralliformes (petites “cornes” ou buissons miniatures),
- en éventails superposés.
Et c’est justement cette diversité qui rend l’identification importante : orange ne veut pas dire comestible… et comestible ne veut pas dire “sans précaution”.
Espèces courantes et leurs particularités
En France, plusieurs espèces reviennent souvent quand on parle de champignons orange sur bois mort. Voici les plus fréquentes, avec des repères simples.
La Trémelle orangée (Tremella aurantia)
Elle se remarque immédiatement : une masse gélatineuse jaune-orangée, brillante, parfois plissée, comme une gelée qui aurait pris la pluie. Elle se développe surtout sur le bois mort de feuillus, et vit souvent en lien avec un autre champignon.
- Texture : gélatineuse, souple
- Habitat : feuillus (souvent chêne), bois mort
- Comestibilité : généralement non toxique, mais peu ou pas d’intérêt culinaire
Le Polypore soufré (Laetiporus sulphureus)
Impossible de le rater quand il s’installe : il forme de grandes “étagères” en éventails, jaune vif virant à l’orange, souvent superposées. On le trouve sur des arbres vivants ou morts (chênes, peupliers, fruitiers…).
Point clé : il est parfois surnommé “poulet des bois”, mais il doit impérativement être cuit. Cru ou mal cuit, il peut provoquer des troubles digestifs chez certaines personnes.
- Texture : charnue, fibreuse
- Habitat : arbres vivants ou morts, surtout feuillus
- Comestibilité : comestible cuit uniquement (prudence)
Le Calocère visqueux (Calocera viscosa)
Plus discret, il ressemble à un petit corail orange ou jaune-orangé. Par temps humide, il peut être visqueux. Il pousse volontiers sur le bois de conifères.
- Texture : gélatineuse/visqueuse, coriace
- Habitat : conifères, bois mort
- Comestibilité : immangeable (trop coriace)
Nectria cinnabarina (petites pustules orangées sur l’écorce)
Elle se présente sous forme de minuscules pustules orange à rougeâtres sur l’écorce. Contrairement aux espèces précédentes, elle peut être associée à des atteintes sur bois vivant (ex. chancres).
Si vous la repérez sur un arbre du jardin, la meilleure approche est souvent la prévention : couper proprement les parties atteintes et désinfecter les outils après usage.
Tableau récapitulatif
| Espèce | Aspect | Habitat | Comestibilité |
|---|---|---|---|
| Trémelle orangée (Tremella aurantia) | Masse gélatineuse jaune-orangé | Bois mort de feuillus | Non toxique, sans intérêt culinaire |
| Polypore soufré (Laetiporus sulphureus) | Éventails épais jaune-orangé | Arbres vivants ou morts (souvent feuillus) | Comestible cuit uniquement (prudence) |
| Calocère visqueux (Calocera viscosa) | Petit corail orange, visqueux par temps humide | Bois mort de conifères | Immangeable |
| Nectria (Nectria cinnabarina) | Pustules orange-rouge sur l’écorce | Feuillus (souvent sur bois affaibli) | Non comestible (peut signaler un problème) |
Comment identifier un champignon orange sur bois mort ?
Une bonne identification ne se fait pas sur la couleur seule. Pour éviter les confusions, observez systématiquement :
- La texture : gélatineuse, sèche, fibreuse, coriace ?
- La forme : gelée, corail, éventails, petites pustules ?
- Le support : feuillus ou conifères, bois mort ou arbre vivant ?
- La saison : certaines espèces explosent après des pluies estivales, d’autres reviennent à l’automne.
Conseil pratique : prenez plusieurs photos (vue d’ensemble, gros plan, support, dessous si possible) et comparez avec un guide illustré ou une application spécialisée. En cas de doute, ne consommez jamais : faites valider par un expert (association mycologique, pharmacie participante, spécialiste local).
Lors d’une cueillette, utilisez un couteau propre et un panier aéré (pas de sac plastique). Et si vous taillez un arbre potentiellement malade, désinfectez vos outils entre deux coupes.
Rôle écologique et gestion au jardin
Ces champignons font partie de l’équipe invisible qui “fait tourner” un jardin : ils décomposent le bois et libèrent des nutriments, améliorant progressivement la vie du sol.
Si le champignon pousse sur une souche isolée ou une bûche stockée pour le paillage, vous pouvez souvent… ne rien faire. Laisser une zone de bois mort (raisonnablement) est même une bonne stratégie pour favoriser la biodiversité.
En revanche, si vous observez sur un arbre vivant des zones nécrosées, des chancres, ou un dépérissement (branches qui meurent, écorce qui se décolle), il est plus prudent d’agir : taille sanitaire, évacuation des parties atteintes, amélioration des conditions (aération, stress hydrique, blessures).
Quand faut-il intervenir ?
Retirez ou gérez plus activement le bois colonisé si :
- le champignon apparaît sur des structures en bois (clôture, terrasse, cabanon, charpente) ;
- vous stockez du bois de chauffage et souhaitez éviter de déplacer des organismes indésirables ;
- il est associé à des signes de maladie sur un arbre vivant (chancres, dépérissement, bois fragilisé).
Dans ces situations, l’action la plus utile est souvent simple : assécher (meilleure ventilation, stockage à l’abri), retirer le bois trop atteint, et assainir (taille propre, outils désinfectés). Sur des structures d’habitation, si vous suspectez un champignon lignivore problématique, faites vérifier par un professionnel.
Petit rappel : même lorsqu’une espèce est réputée comestible, des réactions individuelles existent. Si vous n’êtes pas certain à 100%, abstenez-vous.
Questions fréquentes
Quels sont les champignons orange les plus courants sur bois mort ?
On rencontre souvent la Trémelle orangée, le Polypore soufré et le Calocère visqueux. On peut aussi observer des petites pustules orangées sur l’écorce liées à Nectria.
Peut-on manger un champignon orange trouvé sur une souche ?
Le Polypore soufré est parfois consommé, mais uniquement bien cuit et après identification sûre. Les autres espèces citées sont immangeables ou sans intérêt culinaire. En cas de doute : ne consommez pas.
Comment reconnaître rapidement une espèce gélatineuse ?
Si le champignon ressemble à une gelée brillante et se déforme facilement, vous êtes probablement face à une espèce de type trémelle. Le support (feuillus/conifères) et la forme (plissée ou en petites pointes) aideront à affiner.
Faut-il enlever ces champignons du jardin ?
Pas forcément. Sur bois mort, ils participent au recyclage naturel. On intervient surtout s’ils touchent un arbre vivant (symptômes associés) ou une structure en bois à protéger.
Un champignon orange sur bois mort est le plus souvent un allié discret : il transforme le bois en matière fertile et soutient la biodiversité. L’essentiel est de bien observer, de ne pas se fier à la couleur et de rester prudent si la question de la consommation se pose.
Astuce jardin : si vous le pouvez, gardez une petite zone “bois mort” (une souche, quelques bûches) dans un coin du jardin : c’est un refuge précieux pour de nombreux organismes utiles.


