Quand partent les étourneaux ? Calendrier, signes et observation

  • Mise à jour
  • Publié dans ACTU
  • 7 minutes de lecture
  • Publié
vols d'étourneaux

Quand partent les étourneaux ? Calendrier, signes et lieux d’observation

En bref : la migration postnuptiale des étourneaux commence généralement entre fin août et septembre, s’intensifie en octobre et peut se prolonger jusqu’en novembre selon les régions et la météo. Le retour prénuptial se déroule surtout entre mi-février et fin mars. Les départs sont plus précoces au nord/est et plus tardifs au sud/ouest, avec des populations partiellement sédentaires en zones littorales et urbaines.

Calendrier de départ des étourneaux

Périodes générales selon les régions

Les dates de départ varient selon la latitude, l’altitude et l’influence océanique. On observe une première phase de dispersion dès la fin de l’été : à partir de fin août et surtout en septembre, les jeunes quittent les secteurs de nidification pour se regrouper en grands groupes (dortoirs temporaires). Cette migration postnuptiale s’amplifie en octobre, avec un pic souvent constaté mi-octobre, puis se prolonge jusqu’en novembre dans les régions tempérées.

Dans le sud de la France et sur les littoraux atlantiques ou méditerranéens, les conditions plus douces retardent parfois le départ ; certains individus peuvent même rester résidents partiels. À l’inverse, au nord et à l’est, notamment près des massifs et plaines froides, les départs débutent plus tôt (dès septembre) et s’intensifient en octobre. Les populations urbaines, bénéficiant d’un îlot de chaleur et d’une nourriture plus constante, décalent fréquemment leur départ.

Différence entre migration postnuptiale et prénuptiale

Postnuptiale (fin été → automne) : phase de dispersion après reproduction, formation de grands dortoirs, mouvements parfois chaotiques et opportunistes, recherche de sites riches en nourriture pour la mue et la prise de masse. La question « quand partent les étourneaux » renvoie alors surtout à des déplacements régionaux et à la constitution de murmurations spectaculaires.

Prénuptiale (fin hiver → début printemps) : retour vers les territoires de reproduction. Migration plus directionnelle et synchronisée, chants et parades réapparaissent, les arrêts sont plus courts et l’activité territoriale reprend rapidement à l’arrivée.

Facteurs climatiques et annuels qui modulent la date

La température automnale est déterminante : un automne doux retarde la dispersion, tandis que les gelées précoces accélèrent le départ. Les précipitations et la neige limitent l’accès à la nourriture (invertébrés, graines), forçant des mouvements plus rapides. À grande échelle, des indices comme l’oscillation nord-atlantique (NAO) influencent les couloirs de migration et la disponibilité des ressources.

Les années riches (succès de reproduction, abondance de baies/céréales) peuvent retarder le départ ; les années de disette l’avancent. La tendance liée au réchauffement climatique pousse vers des départs globalement plus tardifs pour plusieurs populations européennes, avec une part de sédentarité en hausse là où l’hiver reste clément.

Comment suivre les dates localement

Pour répondre finement à « quand partent les étourneaux » près de chez vous, combinez science citoyenne et météo :

  • Plateformes d’observation : Ornitho / Faune-France, eBird et les pages régionales de la LPO pour consulter cartes de présence, historiques et tendances.
  • Applications : saisissez date, lieu, effectif, comportement (dortoir, vol, dispersion) directement depuis le terrain.
  • Météo : surveillez épisodes de vent favorable, pluie prolongée ou gel : ces fenêtres déclenchent souvent les départs.

Sur le terrain, repérez les grands dortoirs urbains/périurbains (arbres d’alignement, parcs, bâtiments). Observez à l’aube et au crépuscule, notez date, direction, hauteur de vol et taille des volées. Photos/vidéos avec géolocalisation = données très utiles.

Signes annonciateurs du départ

Avant les grands mouvements, on observe souvent : activité accrue à l’aube/au crépuscule, rassemblements denses sur les perchoirs, intensification des vocalisations. Suivez ces signaux sur plusieurs jours : l’augmentation progressive des effectifs sur un même site, des départs plus synchronisés le matin, ou au contraire des vols tardifs, sont de bons marqueurs d’un départ imminent, surtout en cas d’arrivées de vents portants ou d’un front froid.

Comportements observables dans les groupes

À l’approche du départ, la cohésion se renforce : plus de proximité sur les lignes, arbres et toits ; vols exploratoires courts et répétés pour « tester » les conditions ; activité vocale plus intense pour coordonner le groupe. Les trajectoires quotidiennes s’allongent (prospection de nouvelles zones), les interactions agressives augmentent avec la compétition alimentaire. L’imitation joue à plein : un individu démarre, les autres suivent, préparant le départ synchronisé.

Changements d’alimentation et préparation physiologique

Les étourneaux augmentent leur prise alimentaire (graines, baies, invertébrés riches en lipides) pour constituer des réserves de graisse. On note un plumage soigné (toilettage, rémiges en bon état), des ajustements métaboliques et hormonaux, et chez les jeunes l’apparition des plumes définitives. Lorsque l’état corporel est optimal, le groupe est « prêt à partir ».

Rassemblements et envols massifs (murmurations)

Les murmurations — ces nuées changeantes au crépuscule — montent en puissance à l’approche d’un départ saisonnier. Elles servent la coordination et la protection contre les prédateurs. Une hausse nette de la fréquence et de la complexité des figures sur plusieurs jours, surtout avant des vents favorables, annonce souvent la fenêtre de départ. Des vols plus orientés et prolongés deviennent perceptibles ; des transferts nocturnes peuvent aussi se produire.

Indices dans le paysage et chez les jeunes

En zones agricoles, moissons, retournements de prairies ou raréfaction des haies modifient l’attractivité locale : les oiseaux se regroupent puis partent. Surveillez aussi l’augmentation de rapaces, des jours froids et des vents d’automne. Chez les jeunes, nervosité, vols d’essai et suivi accru des adultes indiquent un départ collectif proche ; des juvéniles mal emplumés peuvent, eux, retarder la migration.

Où et comment observer les étourneaux

Meilleurs lieux et moments pour les observer

Privilégiez lisières de villes, parcs urbains, vergers et zones humides. Les moments clés sont le matin tôt et surtout le crépuscule pour les rassemblements et grandes envolées. En hiver et au début du printemps, les regroupements au coucher du soleil sont particulièrement spectaculaires. Pour optimiser vos observations, cartographiez les sites de nourrissage (pelouses, pâtures, vergers) et les points de rassemblement (alignements d’arbres, façades/cheminées urbaines), puis revenez plusieurs jours d’affilée.

Conseils pour la photographie et l’observation respectueuse

  • Discrétion : mouvements lents, cache, longue focale (≥200 mm), pas de flash au crépuscule.
  • Réglages : ISO élevés + vitesse rapide pour figer les vols ; installez-vous en avance si affût.
  • Éthique : jumelles grand champ, carnet d’observation ; respectez une distance de confort. Évitez toute approche des sites de nidification. Tenez compte des réglementations locales et des zones protégées.

Installer un jardin favorable (sans perturber leurs départs)

Plantez arbres fruitiers (pommiers, poiriers), arbustes à baies (sorbier, aubépine) et laissez des zones de pelouse rase pour le nourrissage. Ajoutez des haies variées, des perchoirs naturels et un point d’eau peu profond. Évitez les tailles lourdes durant la période d’assemblage (fin été → début printemps selon régions), limitez les pesticides et laissez les graines/fruits arriver à maturité.

Ressources utiles : applications, associations et guides

  • Applications : eBird (listes & cartes), Ornitho / Faune-France (suivis locaux), Merlin (ID audio/photo).
  • Associations : LPO (sorties, fiches, recensements), sociétés régionales d’ornithologie.
  • Guides : « Guide ornitho », fiches espèces (LPO), ressources locales sur migrations et colonies.
Ressource Utilité Conseil pratique
eBird Listes d’observations, cartes de présence Créez des listes régulières pour repérer quand partent les étourneaux localement.
LPO Sorties, fiches, projets de suivi Contactez la délégation locale pour connaître dortoirs & événements.
Merlin Identification audio et visuelle Idéal pour confirmer vos observations en conditions réelles.

FAQ — Réponses rapides

À quelle période partent le plus d’étourneaux ?

Le pic de départ se situe souvent autour de mi-octobre, avec une fourchette septembre → novembre selon la région et la météo.

Quand reviennent-ils vers les zones de reproduction ?

Le retour prénuptial intervient majoritairement entre mi-février et fin mars (plus tôt lors d’hivers doux).

Pourquoi certains étourneaux restent-ils toute l’année ?

Espèce à migration partielle : en villes et sur les littoraux tempérés, la nourriture et la douceur hivernale permettent à une partie des populations de rester sédentaires.

Quels signes annoncent un départ imminent ?

Rassemblements crépusculaires grandissants, murmurations plus fréquentes/complexes, vents favorables, hausse de l’activité vocale et prospections plus longues.

Envie d’aller plus loin ? Je peux vous proposer une check-list d’observation personnalisée ou une sélection de spots près de chez vous selon votre région.