Solin contre mur : conseils de pose

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Pose d’un solin contre mur sur toiture en tuiles, avec mur en crépis clair et joint d’étanchéité propre assurant une protection durable.

Solin contre mur : conseils de pose, techniques et erreurs à éviter

On entend souvent « solin » comme s’il s’agissait d’un produit. En réalité, un solin décrit avant tout une technique d’étanchéité. Et il y a une règle simple, presque implacable : un solin est toujours accolé à un mur. Si ce n’est pas le cas, ce n’est probablement pas un solin, mais un autre ouvrage de zinguerie ou d’étanchéité.

Dans cet article, je te partage une méthode claire pour comprendre ce qu’est un solin contre mur, comment le poser (surtout en rénovation), et pourquoi la réussite se joue presque toujours sur la préparation du support.

Solin contre mur : définition (et confusions fréquentes)

Un solin est un ouvrage d’étanchéité qui assure la jonction entre une passe de toit (ou une terrasse) et un mur vertical. Il peut être réalisé de plusieurs façons selon le matériau, le contexte et le corps de métier :

  • Solin en zinc / tôle pliée (y compris inox)
  • Solin en feuilles de plomb
  • Solin préfabriqué (équerre + treillis, équerre en biseau…)
  • Solin au mortier de forme
  • Solin en bardeau bitumé (soudé ou non)

Et comme c’est un point qui revient sans cesse sur chantier : on confond souvent le solin avec d’autres éléments. Or, un solin n’est pas :

  • un abergement de cheminée ou de fenêtre de toit (type Velux)
  • une couvertine sur muret ou acrotère
  • une noue
  • un couloir de zinc

Pose d’un solin contre mur : neuf vs rénovation

En construction neuve, la pose d’un solin est généralement plus simple : il est prévu dans la logique d’exécution, souvent avant le corps d’enduit. L’enduit vient ensuite recouvrir la partie armée (treillis) et participe à la continuité d’étanchéité.

En rénovation, c’est une autre histoire. Là, il y a une vérité de terrain : la qualité de la pose dépend du soin apporté à la préparation du mur. Et chaque mur est un cas particulier.

Comment poser un solin contre mur en rénovation : la méthode

Voici une trame de pose efficace, issue de pratiques courantes en toiture / zinguerie. L’idée n’est pas de « coller un profilé », mais de reconstruire une jonction propre entre deux parois qui ne font pas corps.

  1. Déposer l’ancien solin (plomb, tôle, zinc, ou mortier de forme). Si c’est du mortier, il faut le buriner totalement sous l’emprise du futur solin.
  2. Réaliser un trait de disque (meuleuse) au droit de la partie haute du futur solin : cela délimite la purge de l’enduit et évite un décollement « à l’aveugle ».
  3. Préparer le support : purger, nettoyer, mettre le mur « à blanc », obtenir une surface plane, propre, sans défaut.
  4. Poser le nouveau solin en épousant parfaitement le support, avec un cordon épais de mastic-colle + une fixation mécanique (chevilles à frapper ou vis).
  5. Prévoir des recouvrements généreux si tu utilises des longueurs standards (souvent 2 m) : le chevauchement est une zone sensible.
  6. Renforcer au mastic (type Sikaflex selon usage) au droit de l’équerre de jonction entre profilé et treillis / gorge prévue.

À retenir : on peut avoir le meilleur solin du monde… si le mur n’est pas préparé, tu perdras l’étanchéité tôt ou tard. Le solin ne rattrape pas un support mauvais, il ne fait que le révéler.

Solin contre mur en pierre : la pose la plus difficile

Le solin sur mur en pierre est, de loin, le cas le plus délicat. Un mur en pierre est non homogène, irrégulier, parfois creusé, parfois bombé. Dans ce contexte, il faut intégrer une logique simple :

On adapte le mur au solin, pas l’inverse.

Pour une pose durable, voici les points qui font la différence :

  • Réaliser un relevé en aplat après nettoyage et curage des joints sous l’emprise du solin.
  • Créer un surfaçage parfaitement plan apte à recevoir le solin (mortier de forme hydrofuge, sans retrait).
  • Former une cunette propre afin d’éviter une retenue d’eau en partie haute et permettre une bonne continuité.
  • Poser le solin avec un large cordon de mastic (partie plane + zone de gorge).

Solin contre mur sur bac acier : on parle souvent de profilés

Quand on évoque « bac acier », il faut d’abord préciser : bac acier en toiture ou bac acier en façade ? Les procédés peuvent différer.

Dans la pratique, le bac acier utilise très souvent des profilés en tôle pliée plutôt que des solins « traditionnels ».

  • En partie haute, au droit du faîtage : il existe des profilés adaptés, parfois crantés.
  • Le long d’un rampant contre un mur : on privilégie des rives contre mur (profilés en aplat), plutôt qu’un solin à bavette plomb.
  • Bon à savoir : faire plier une tôle sur mesure peut être étonnamment intéressant en coût, et souvent bien plus propre en finition.

Bande solin contre mur : utile en dépannage, à cadrer en définitif

La bande solin souple (type bardeau bitumé) peut être très pratique en réparation ou en mesure d’urgence. Mais il faut être clair :

Une bande autocollante seule ne doit pas être une solution définitive.

Le seul cas où ce type de système devient réellement sérieux sur la durée, c’est lorsque la mise en œuvre est soudée à chaud (à la flamme) et réalisée dans les règles de l’art, typiquement sur des relevés d’acrotère, par un professionnel qualifié.

Pose de solin contre mur : les généralités qui évitent 80% des problèmes

Quel que soit le cas, la pose d’un solin est une pose singulière. Elle demande du soin, parce qu’on relie deux ouvrages qui ne réagissent pas pareil : un mur (maçonnerie) et une couverture (tuile, bac acier, etc.).

Quelques principes simples :

  • Un solin (zinc, plomb, etc.) doit être en retrait de l’enduit ou du parement.
  • Plus le solin est exposé au ruissellement, plus la fixation et l’ancrage doivent être sérieux.
  • Limiter autant que possible le solin au mortier : ça peut tenir… mais ce n’est pas idéal face aux mouvements différentiels, et c’est un cauchemar en maintenance (remplacer une tuile peut obliger à casser tout le mortier sur la longueur).

Un exemple concret : si un retour de solin est très peu exposé, il peut parfois tolérer une pose plus « légère ». En revanche, un rampant qui reçoit toute l’eau doit être traité comme une zone critique : recouvrement, ancrage, retrait et finitions impeccables.

Ne pas confondre solin et abergement

Un solin n’est pas un abergement. L’abergement (préfabriqué ou zingué) est l’élément central de l’étanchéité d’une sortie de toit (cheminée, fenêtre de toit, ventilation, etc.).

Un abergement de cheminée, par exemple, doit être réalisé dans les règles de l’art, et certainement pas « bricolé » à la bande de solin comme solution standard.

FAQ – Solin contre mur

Quel est le rôle d’un solin contre mur ?

Il assure l’étanchéité entre une couverture (toiture/terrasse) et un mur vertical, en empêchant les infiltrations d’eau à la jonction.

Quelle est l’étape la plus importante en rénovation ?

La préparation du support (purge, planéité, nettoyage). C’est elle qui conditionne la qualité de l’étanchéité et la tenue dans le temps.

Peut-on poser un solin sur un mur en pierre ?

Oui, mais c’est le cas le plus complexe : il faut souvent dresser ou évider la zone pour créer une surface plane capable de recevoir le solin correctement.

Une bande solin autocollante suffit-elle ?

Pour un dépannage, parfois. Pour du définitif, non : sauf système soudé à chaud et mis en œuvre correctement (souvent par un pro, notamment sur acrotère).

Solin au mortier : bonne idée ?

En général, à éviter : ce n’est pas adapté aux mouvements différentiels et c’est très pénible en entretien (remplacement de tuiles, reprises, fissurations).

Le solin un éléments important d’étanchéité

Un solin contre mur n’est pas un détail : c’est souvent la frontière entre une toiture saine… et une infiltration qui revient chaque année. La pose n’est pas compliquée sur le papier, mais elle exige une vraie rigueur : support propre, planéité, fixations, recouvrements et finitions au mastic là où il faut.